J’ai enchainé les faux travail avant l’accouchement


« Madame, vous faites un faux travail, rentrez-chez vous. ».

Qu’est-ce que j’ai détesté ce mot : « faux travail ». J’avais l’impression qu’on me traitait de menteuse et que je souffrais pour rien. À chaque fois que j’entendais cette expression, le désespoir m’envahissait, et il faut dire que je l’ai beaucoup entendue. Et oui, je faisais partie de ces femmes qui enchainaient les faux travail. Ils sont vraiment difficiles à vivre, aussi bien pour la femme enceinte que pour le conjoint qui voit sa chérie en train de souffrir sans rien pouvoir faire, sans savoir s’il va devenir Papa pour de bon.

Une grossesse pas très épanouissante

Être enceinte de l’homme que j’aime est la plus belle chose qui me soit arrivée. J’étais comblée et complètement heureuse. Malheureusement, j’ai été arrêtée très tôt (au bout du 5ème mois de grossesse) à cause d’un utérus contractile et des maux de grossesse m’empêchant de faire quoi que ce soit. Moi qui pensais travailler jusqu’à la fin, sortir, me faire belle et rayonner dans la rue, j’ai fini par rester en pyjama dans mon canapé en attendant que les contractions me lâchent un peu durant le dernier mois de grossesse.

Je pense que le fait que d’avoir un utérus contractile a favorisé l’apparition fréquente de faux travail. Je me demande même si le fait d’avoir une contraction n’en déclenchait pas une autre automatiquement. En tout cas, je dépassais largement les 10 par jour, et ce dès le 5ème mois de grossesse. Par chance, mon col ne se modifiait pas, mais la douleur était bien présente.

Mes faux travail avant 37 semaines

J’étais à 33 semaines d’aménorrhée et je devais aller voir une assistante maternelle avec mon conjoint. J’étais en train de me préparer puis d’un coup, j’ai beaucoup contracté, plus que d’habitude. Je commençais à vraiment souffrir, je me suis donc allongée sur mon lit et impossible pour moi de bouger. En rentrant du travail, mon conjoint m’a vue dans cet état et s’est occupé de moi en m’apportant les médicaments pour que ça passe. Évidemment, on a annulé notre rendez-vous.

Il essayait de me parler, pour me changer les idées, pour que je pense à autre chose que la douleur. Deux heures plus tard, la douleur s’est atténuée. Je me suis donc levée pour cuisiner. J’ai mangé tranquillement, je me suis posée dans le canapé devant The Island et rebelote. Les douleurs sont revenues de plus belles. Je n’osais pas déranger mon chéri, mais je souffrais, je n’arrivais plus à respirer. Il a donc décidé donc de m’emmener aux urgences maternité quand j’ai commencé à manquer de souffle.

Une fois à la maternité, on m’a posé le monitoring et on m’a fait tout un tas d’examen. Ils ont vu que je contractais beaucoup. Ils ont donc décidé de me donner de l’Adalate, un traitement où l’on doit prendre 1 comprimé toutes les 15 minutes pendant une heure. Après l’avoir pris, on m’a remise sous monitoring et résultat : je contractais toujours autant. On a quand même décidé de me laisser partir en me donnant des anti-douleurs car mon col ne s’était pas modifié. Je rentre donc avec mon conjoint, et j’ai passé une nuit assez catastrophique.

Une semaine plus tard, à 34 semaines d’aménorrhée, la même douleur est revenue. Cette fois-ci j’ai noté mes contractions car je ne l’avais pas fait avant (je ne savais pas qu’il fallait le faire faut dire…). J’en avais une douloureuse toute les 10 minutes. Au bout d’une heure, on a donc décidé de retourner à la maternité. Monitoring en place, on a vu que j’avais en effet des belles contractions. Du coup, on m’a redonné de l’Adalate pour les arrêter. Et cette fois-ci ça a fonctionné ! Je n’ai pas eu de contraction pendant 3 semaines, un vrai bonheur ! Mais 3 semaines plus tard…

Mes faux travail après 37 semaines

Une fois les 37 semaines d’aménorrhée atteintes, c’était un vrai soulagement car pour moi bébé pouvait arriver quand il voulait. Je n’avais plus à stresser des contractions ! Enfin, c’est ce que je croyais…

Le samedi de mes 37 semaines, on a décidé de sortir avec mon conjoint pour profiter de la journée. Malheureusement, après le petit déjeuner j’ai ressenti un énorme coup de fatigue. Je me suis donc allongée sur le canapé et j’ai commencé à contracter, mais beaucoup plus que ce que j’avais connu. 1 fois toute les 5 minutes. Doliprane, douche, dodo, elles étaient toujours là. Au bout 6 heures de contractions, on a décidé d’aller à la maternité car j’ai craqué moralement. Je voulais que ça s’arrête (ou peut-être était-ce le bon moment?).

Une fois à la maternité, on a mis en place le monitoring qui affichait des contractions. La sage femme m’a examinée et bonne nouvelle ! J’étais ouverte à 1 large avec un col souple et raccourci. Elle m’a dit qu’elle pensait que c’est pour bientôt, soit dans la soirée, soit dans la semaine. Là, j’ai eu un regain d’énergie et le moral à bloc ! J’allais enfin pouvoir voir ma fille bientôt et arrêter de souffrir pour rien. En tout cas, pour moi la souffrance que j’avais eu ce jour là n’avait pas servi à rien ! Je suis rentrée à la maison et mes contractions se sont rapprochées : 1 toutes les 2 minutes. Je n’arrivais plus à parler. Je suis partie me coucher et les contractions sont parties lorsque je suis tombée dans les bras de Morphée. Dommage…

faux travail douloureux accouchement

Le mardi suivant, vers midi pendant que je préparais à manger, j’ai eu une énorme contraction qui m’a paralysée le dos. J’ai trouvé ça bizarre. Puis c’est revenu et j’ai commencé à les chronométrer. Ça a commencé à 1 toutes les 10 minutes, puis 5, puis 3, puis 2. J’ai donc décidé de me mettre sur mon ballon, car c’était la seule chose qui me soulageait. Être debout, assise ou sous la douche, c’était invivable. J’avais mal et je n’arrivais plus à respirer. Mes intestins étaient complètement comprimés, c’était vraiment une sensation désagréable. Au bout de 2 heures de contractions, j’ai dit à mon conjoint de rentrer à la maison, pour moi c’est le jour J, tous les symptômes ressemblaient aux vrais, et en plus je commençais à avoir des envies de pousser. Une heure plus tard, il est arrivé à la maison et m’a emmené en vitesse à la maternité. Je souffrais dans la voiture, mais en même temps j’étais contente, pour moi j’allais être maman, c’était pas possible autrement ! On a attendu deux heures dans la salle d’attente. Les contractions ne passaient pas. Elles étaient toujours là et je souffrais toujours autant. Puis notre tour était enfin venu.

On m’a mis le monitoring pendant 40 minutes. Le cœur du bébé s’emballait pendant les contractions, tout sonnait, on a eu aucune explication on nous a laissé dans le flou le plus total. Je commençais à stresser. La sage femme est arrivé et m’a dit que j’ai pas de vraies contractions (je commençais à être saoulée). Elle a examiné le col et m’a dit qu’il était long, ferme et ouvert à 1 doigt (là j’étais vraiment saoulée). Comment mon col avait pu se renforcer après une journée de contractions ??! Bref, elle m’a dit des phrases du genre « non mais vous accouchez à la fin du mois hein faut arrêter », « non mais rentrez chez vous ». Je me suis mise à pleurer, j’étais fatiguée, à bout, et cette sage femme ne m’a même pas rassurée !! Même pas un « au revoir », des paroles gentilles, rien ! Si elle aime pas son métier, qu’elle en change ! On est rentré à la maison, j’étais à bout, j’ai sangloté toute la soirée, complètement désemparée. Évidemment, les contractions douloureuses étaient toujours là et ont été présentes au final pendant 10 heures…

L’enchainement de ces deux faux travail rapprochés m’avait énormément fatiguée. J’avais mal partout, le moral ne tenait plus, j’avais l’impression d’être incomprise. Je ne les ai pas inventé mes douleurs, je ne simulais pas les contractions (la preuve, le monitoring les enregistrait et je voyais bien des belles courbes qui montaient haut). Mais j’ai décidé de me battre une fois de plus, et de me rebooster.

Le dimanche suivant, j’étais à 38 semaines d’aménorrhée, et ça a recommencé… Je sentais encore le faux travail à plein nez. J’ai pris tous les médicaments du monde, j’ai changé de coté, je me suis mise sur le ballon, mon conjoint m’a massé le dos, on a fait ça toute la journée et rien n’y faisait. Je souffrais gratuitement. On a décidé de rester à la maison. Je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai pris un bain à 3 heures du matin pour calmer tout ça et ça n’a pas fonctionné. Je contractais toutes les 2 minutes. Le Lundi matin, on a donc décidé de partir à la maternité. Une fois la bas, les contractions commençaient à s’atténuer même s’il y en avait toujours. J’avais une tête horrible, pas dormi de la nuit. La seule chose qui m’a rassurée, c’est que pendant l’examen, j’avais le même diagnostic que la sage femme de Samedi. Mon col n’avait donc pas bougé, ni rallongé et endurci. Je suis rentrée au final chez moi avec des médicaments pour dormir.

Une fois de plus, mon moral en avait pris un coup. J’avais du mal à marcher et j’avais le ventre sensible. Je n’avais envie de qu’une seule chose : accoucher pour de vrai, pour me libérer de cette souffrance inutile.

Puis le vrai travail s’est enfin installé

Au bout d’un moment, je me suis dit que pour ne plus subir cette fin de grossesse, je devais essayer d’oublier des contractions. J’ai retrouvé ma PS3 pour m’occuper l’esprit, je faisais le ménage même si j’avais mal au ventre, idem pour les sorties en amoureux… Jusqu’au moment où… le vrai travail s’est installé, et là il n’y avait plus de doute.

Je pensais que les douleurs que j’avais pendant mes faux travail allaient être les mêmes que celles pendant le vrai. En fait, elles étaient complètement différentes. Pendant le faux travail, elles m’ont beaucoup fatiguée car elles ont duré longtemps à un rythme très rapproché. Les contractions étaient supportables au début mais plus à la fin car mon corps fatiguait. Pendant le vrai travail, les contractions étaient plus espacées mais contrairement à celles d’avant, elles étaient situées vraiment dans le bassin. Pendant les faux travail, j’avais l’impression que mon ventre allait exploser car il se durcissait trop, pendant le vrai j’avais mal d’une douleur inexplicable.

Pendant ma 39ème semaine, je me suis réveillée à minuit à cause d’une contraction douloureuse, comme si j’avais eu une crampe à l’intérieur du bassin, une douleur vraiment affreuse mais encore supportable. J’ai essayé de me rendormir mais 10 minutes après, une autre m’a réveillée. J’ai donc repris mon chronomètre pour vérifier. Les contractions étaient pas vraiment régulières à la minute près, mais vraiment douloureuses. Au bout d’une heure, je décide donc de me mettre sur le ballon pour que ça se calme. J’avais évidemment moins mal qu’allongée mais la douleur était quand même présente. Au bout de deux heures, j’ai dit à mon conjoint qu’il fallait qu’on parte à la maternité car j’avais peur de plus réussir à gérer.

Sur le chemin, j’avais vraiment un ressenti étrange. J’avais l’impression d’être encore endormie, de rêver, comme si j’étais dans un autre monde. À chaque contraction, impossible pour moi de marcher. Il fallait absolument que je me tienne à quelque chose et que je fasse des ronds avec mon bassin.

Une fois à la maternité, on m’a posé le monitoring et les contractions étaient toujours là. J’ai demandé à mon chéri à ce qu’il me décrive un paysage apaisant, à la plage, avec le bruit des vagues. C’est peut-être bête mais au moins je me focalisais sur autre chose que la douleur qui devenait vraiment insupportable. Et pendant le monitoring, j’ai perdu les eaux.

A vrai dire, heureusement que j’ai perdu les eaux à la maternité car ils voulaient me renvoyer chez moi étant donné que mon col ne bougeait pas, ils pensaient encore à un faux travail !! Au final ils m’ont gardé en me disant qu’ils me déclencheraient surement le lendemain à cause de mon col pas coopératif.

Au final, j’ai accouché dans la journée d’une merveilleuse petite fille, avec beaucoup de douleurs avant la pose de la péridurale (merci à la douche chaude qui m’a permis d’accélérer l’ouverture aux 3cm…).

 

Adieu mes copines les contractions

Pour celles qui subissent les faux travail, surtout, n’hésitez pas à en parler autour de vous, à votre sage femme, à votre chéri, à des personnes ayant vécu la même situation… Il ne faut pas tout intérioriser et penser que l’on est des menteuses, car c’est faux !

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3 commentaires sur “J’ai enchainé les faux travail avant l’accouchement”

  1. Woooo c’est assez trash quand’ meme! Tu as été courageuse pcq ça a pas du être évident surtout lorsqu on réalise que le col n en fait qu à sa tête! Puis cette sage femme nan mais parfois c’est quand même exagéré les discours! Perso il n y a qu à cette grossesse que je sens de fausses contractions… mais pas à ton rythme ni même
    Ton intensité… je me ralentis je souffle et ça passe donc rien à voir … pour cette grossesse si c’est quand même pas si intense si?? Pfiouuu et bien.. Je connais Très mal le sujet mais je suis désolée pour toi 🙁 c’est pas cool cool .. des bisous ma Jolie ♡

    1. C’est vrai que c’était pas facile et qu’il a fallu que je fasse un gros travail sur moi !
      La sage femme était ingrate sur ce coup là. Elle devrait savoir que les femmes enceintes n’en peuvent plus sur la fin, et quand tu es dans le médical, il faut savoir prendre des pincettes avec ses patients….
      C’est pas cool si toi aussi tu ressens des contractions. Moi, pour cette grossesse, c’est « pire ». J’en ai depuis le premier trimestre et plus l’utérus prend de la place, plus c’est douloureux. Ce sont les mêmes douleurs que pendant l’accouchement, mais quand même moins intense. Parfois j’ai peur car ni le Spasfon, ni le bain, ni le ballon les soulage. Mais je n’ai toujours pas accouché donc c’est juste de la souffrance gratuite. A la fin, je m’y habitue !
      Bisous à toi !

    2. Ah ben ptet qu’elle avait pas d’enfant nan mais c’est clair quand tu travailles dans un domaine de la santé je trouve (précisément avec une femme enceinte) qu il faut faire attention… moi c’est incomparable avec toi… vriament je ne peux pas me
      Plaindre roooo je suis vraiment triste pour toi.. c’est ps cool… pas cool du tout mais bon si tu ne sais rien y faire à part yoga? Homeo? Repos? Tu as essayer d aller à la piscine? (En fait j en sais rien du tout…) 🙁 gros courage à toi! Vraiment… on est Sur la fin ♡

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