L’allaitement est un sujet à débats. Il y a ceux qui disent que l’allaitement maternel est ce qu’il y a de mieux, ceux qui pensent que l’allaitement est un acte égoïste, et ceux qui sont plus modérés dans leurs propos, ce qui est plutôt mon cas.

Bon, c’est vrai, d’un plan de vue nutritionnel, je suis convaincue qu’il n’y a rien de mieux que le lait maternel. Mais sur le plan émotionnel, est-ce vraiment merveilleux si la mère allaite à contre cœur ? Je ne pense pas. Alors oui, c’est vrai, j’ai peut-être ce point de vue parce que j’ai donné le biberon à ma grande et allaité la petite dernière. Toujours est-il qu’en suivant mon instinct et mes envies, je suis bien dans mes baskets et une maman épanouie.

Étant donné que j’ai expérimenté les deux méthodes, j’ai souhaité vous donner mon point de vue sur la question. Quels sont les avantages et les inconvénients de chacun ? Le père est-il vraiment exclu lors d’un allaitement exclusif ? N’y a-t-il pas des solutions pour contenter tout le monde ? Après mes deux expériences, je pense que le plus important est d’être en accord avec son choix, et surtout, de ne pas culpabiliser.

Les avantages du biberon

J’ai allaité mon ainé pendant 11 petits jours. Je considère donc qu’elle a presque toujours été nourrie au biberon. Bien que j’avais comme projet de l’allaiter, j’étais très mal soutenue et j’ai préféré tout arrêter pour pouvoir enfin profiter de la maternité. Au début, c’était difficile, mais très vite, j’ai enfin pu profiter de ma fille sans stress et sans douleur.

La première chose que j’ai apprécié était le sentiment d’indépendance. Je n’avais plus à me soucier de la faim de ma fille lorsqu’elle restait avec son papa. Je savais qu’il y avait du lait dans le placard, et cela me convenait parfaitement. Quand on allaite exclusivement, c’est plus compliqué. Il faut faire ses stocks, trouver un contenant adapté pour le bébé, tirer son lait en l’absence du bébé pour continuer à stimuler la lactation ou tout simplement pour se soulager… Cela reste contraignant je trouve. Il faut vraiment avoir envie d’allaiter pour supporter toute cette charge de travail supplémentaire.

Lorsque l’on donne le biberon, on peut être un peu plus rassuré en ce qui concerne la quantité bue. C’est vrai que le poids du bébé est un bon indicateur lorsqu’on allaite, mais pour les parents stressés, le biberon reste quand même pas mal.

Je ne pense pas que ce soit une légende urbaine. Quand un bébé est nourri au biberon, il fait plus facilement et/ou rapidement ses nuits qu’un bébé allaité à la demande. En effet, celui-ci sera plus calé et ne se réveillera pas en pleine nuit à cause de la faim. Et en tant que parent, le sommeil reste très important, et pas seulement pour son petit confort personnel. Je pense que pour bien s’occuper de son enfant, il faut avant tout tenir debout ! Et lorsqu’on a une vie très active, rythmée par les responsabilités du quotidien, on ne peut pas nous en vouloir d’avoir envie de dormir. Parfois, c’est un peu trop facile de culpabiliser les parents, surtout que nous sommes pas tous égaux sur la capacité à prendre sur soi dans certaines situations !

Petit plus non négligeable lorsque l’on s’est privé pendant 9 mois : avec le biberon, nous ne sommes plus contraintes à un régime alimentaire. Alors oui, avec l’allaitement on peut tirer son lait par anticipation, mais il faut avouer que ce n’est pas toujours évident !

Les avantages de l’allaitement

Le premier avantage non négligeable lorsqu’on allaite, c’est la récupération post accouchement. Grâce aux tranchées (contractions après l’accouchement) à chaque tétée, l’utérus se remet plus facilement en place et l’énergie consommée pour produire du lait facilite la perte de poids. Bien entendu, ce sont des généralités, toutes les femmes ne sont pas égales, mais pour comparer mes deux expériences, j’étais remise d’aplomb plus rapidement avec l’allaitement.

Lorsque l’on arrive à se faire confiance et que bébé prend bien le sein, nous n’avons plus besoin de nous prendre la tête avec les quantités prises. En allaitant à la demande, bébé prend le lait dont il a besoin.

Les sorties avec bébé sont également simplifiées. Plus besoin d’emmener la boite de lait, le biberon et tout ce qui va avec. Le lait est prêt et à bonne température à n’importe quel moment de la journée. Cela permet d’éviter également les pleurs quand bébé a faim et que le biberon tarde un peu trop.

Allaiter son bébé, c’est également une grande fierté. Se sentir pleinement dans son rôle de mère, se sentir capable de nourrir son enfant sans intervention extérieure, c’est quand même quelque chose de formidable ! Depuis que j’allaite, je sais que j’ai plus confiance en moi et que je me préoccupe beaucoup moins de ce que l’on peut me dire concernant ma façon de faire.

Je pense qu’on nous le rabâche assez souvent, mais d’un point de vue nutritionnel, le lait maternel reste ce qu’il y a de mieux pour l’enfant, d’autant plus qu’il s’adapte en fonction de ses besoins. Le lait maternel contient de nombreux anticorps et moins de protéine comparé au lait de vache.

À la maison, l’allaitement est la réponse à presque tous les problèmes. C’est vrai que je ne me prends pas la tête : si ma fille pleure, je lui propose le sein, et la plupart du temps elle se calme. Le peau à peau, en plus de créer un lien d’attachement fort et particulier, apaise toutes les tensions.

La désinformation sur l’allaitement

Pendant la grossesse, nous sommes infantilisées. Tout est contrôlé et nous sommes la plupart du temps jugées sur nos façons de faire. On nous recommande également fortement d’allaiter son enfant. D’ailleurs, l’allaitement est souvent un sujet évoqué lors des séances de préparation à l’accouchement. Puis, une fois que bébé est là, nous sommes livrées à nous même alors que c’est à ce moment précis que nous avons le plus besoin de soutien.

Toute femme est capable d’allaiter, les exceptions sont rares. Oui au début c’est difficile, oui il y a des gros moments de doute, mais c’est possible même si cela peut être difficile en fonction des situations de chacune. Je trouve cela dommage que l’on ne soutienne pas assez les mamans qui souhaitent allaiter mais qui ont des difficultés à mettre en place l’allaitement. En effet, dès la maternité, on nous propose des biberons de complément, sauf qu’il n’y a rien de pire pour faire échouer un allaitement.

Heureusement, il existe des associations qui soutiennent les mamans allaitantes, comme celle de la Leche League, et qui sont toujours de très bons conseils. D’ailleurs, je vous recommande leur livre « L’art de l’allaitement maternel » si vous cherchez un ouvrage à ce sujet.

Savoir faire des compromis

Parfois, les parents ne sont pas d’accord sur l’allaitement et le biberon. Mais aujourd’hui, il existe pleins de solutions pour contenter tout le monde !

Il arrive que les papas refusent que leur femme allaite car ils ont peur de se sentir exclus et de ne pas pouvoir s’occuper de leur enfant. Je pense qu’ils se trompent car élever un enfant, même durant les premiers mois, ne se résument pas à le nourrir. Mais si donner le biberon est vraiment quelque chose de très important pour le papa, pourquoi ne pas proposer à la maman de tirer de temps en temps son lait ? Le papa pourrait ainsi nourrir son enfant avec le lait de la maman. Encore mieux, le papa peut s’impliquer dans l’alimentation de la maman afin qu’elle produise un meilleur lait !

L’allaitement peut se révéler être fatiguant lorsqu’on a une vie bien remplie. Mais si cela nous tient vraiment à coeur, pourquoi ne pas passer à un allaitement mixte ?

Si la prise de poids est une source d’inquiétude pour un bébé allaité, pourquoi ne pas envisager de tirer son lait afin de vérifier les quantités prises ?

Tant de possibilités pour s’adapter à toutes les situations ! Tout n’est pas noir, ni blanc ! 🙂

 

Donner le biberon ne signifie pas être une mauvaise mère. Allaiter ne signifie pas non plus être une mère égoïste. Ce sont des choix très différents, mais chacun sont respectables.

Le plus important, c’est l’amour porté lors de ces instants privilégiés.

Vos témoignagnes

« Quand allaiter devient un acte militant » de Domino Tells

« Notre début d’aventure : allaitement » de Les petits mots de Julie

« Allaiter après un complexe et une opération (page 1, page 2, page 3) » de Tziganette

« Allaitement 2015 contre 2017 » de lladymum

5 commentaires sur “Allaitement ou biberon : la meilleur choix, c’est le nôtre !”

  1. Très bon article qui en quelque sorte complète le mien qui avait pour sujet le fait que je n’ai pas allaité ^^. D’ailleurs je n’avais pas vu autant de points positifs à l’allaitement avant ton article, ça me donne (presque) envie de tenter si il y a un bébé 2 un jour ^^

    1. Ah je vais aller jeter un coup d’œil car on ne trouve pas souvent de témoignage de maman qui ne souhaite pas allaiter. Comme si c’était tabou !

  2. a priori le bébé qui se nourrit de lait artificiel dort mieux la nuit car il doit digérer le lait beaucoup plus indigeste du coup c’est bien pour le sommeil pour les parents (tiens ce ne sera pas un acte égoïste ça ?), j’i remarqué que le coup du “avec le biberon on sait combien de ml il a bu…” c’est vraiment pour les mamans qui manquent de confiance en elles (et en la nature) et je le sais bien qu’il y’en a beaucoup. Depuis que j’allaite, je n’ai jamais autant bouger avec mes enfants, c’est la liberté totale

    1. C’est égoïste, oui. Mais en même temps, ne pas pouvoir dormir la nuit alors qu’on nous demande d’être performant le lendemain ai travail, c’est clairement un cauchemar ! J’allaite exclusivement la petite dernière qui se réveille toutes les heures, et je travaille à temps complet. Je n’ai plus aucune patience, je suis déprimée, et je ne peux pas rattraper mes heures de sommeil la journée. Donc égoïste oui, mais en même temps, on nous demande l’impossible !

      Beaucoup de mamans n’ont pas confiance en elles car je trouve que le corps médical remet en cause nos capacités à être mère. Encore une fois, pour prendre mon exemple, on m’a conseillé de commencer la diversification plus tôt car ma petite ne grossissait pas assez avec l’allaitement alors que jusque là je ne me posais pas de questions.

      L’allaitement c’est bien, mais il faut avoir une force incroyable pour combattre tous les obstacles et être épanouie.

  3. Je suis la maman allaitetante d’une petite fille de 20 mois et j’ai en HORREUR les pro allaitement, MAIS VRAIMENT, je n’en peux plus de leur facon de juger en permamence le choix des meres, j’adore ton article donc 😉

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