Allaitement et reprise du travail : mon organisation

Tirer son lait tout en travaillant, ce n’est pas si simple. En effet, cela demande une bonne organisation, de la logistique et beaucoup d’énergie. Cela fait maintenant 1 mois et demi que je tire mon lait au travail, 1 mois et demi que je suis fatiguée, mais je suis contente de n’avoir encore rien lâché (pour le moment…) !

Avant de reprendre le travail, je ne savais pas du tout comment m’organiser, si cela allait être compliqué, ce qu’il fallait acheter et ce qu’il ne fallait surtout pas prendre… Alors voici mes conseils suite à ma petite expérience ! Bien entendu, chaque expérience est différente et ne sera pas la même en fonction de votre lactation. Mais je trouve que c’est toujours intéressant de savoir comment ça se passe chez les autres pour piquer les bonnes idées 🙂

Tirer son lait au travail, ses droits

Si vous souhaitez tirer votre lait au travail, sachez que vous avez le droit de le faire et qu’il existe des lois à ce sujet. Même si continuer un allaitement exclusif tout en travaillant est vraiment difficile et que je trouve que c’est un peu hypocrite de dire qu’on peut continuer un allaitement avec la reprise sans problème grâce à la loi, on ne peut pas cracher dessus ! Profitons de nos droits, surtout quand cela nous permet de nous épanouir dans notre rôle de mère tout en répondant à nos responsabilités professionnelles.

Ce que dit la loi :

  • la salariée dispose de 30 minutes le matin et 30 minute le soir chaque jour pour allaiter/tirer son lait pendant ses heures de travail, et ce jusqu’au un an de l’enfant
  • ces périodes sont déterminées par les deux parties (si elles ne sont pas d’accord, elles s’effectueront au milieu de chaque demi-journée)
  • les entreprises de plus de 100 salariés doivent prévoir un local d’allaitement séparé du local de travail, éclairé, à bonne température
  • l’heure passée à allaiter ne sera pas payée, sauf mention contraire dans la convention collective de la salariée

Je pense très sincèrement que continuer un allaitement exclusif tout en reprenant le travail ne doit se faire que si c’est un souhait très profond de la maman. Pour ma part ce n’est pas tous les jours faciles. Ma fille, qui faisait ses nuits avant la reprise, se réveille maintenant 2 à 6 fois par nuit. En effet, ce n’est pas difficile que pour la maman. Ces petits bouts ont besoin de se rattraper au sein la nuit. Sans compter les pics de croissance nécessaires à l’augmentation de la production !

Avant la reprise

Choisir son tire lait

Il existe de nombreux tire-laits que l’on peut acheter ou louer, compatibles avec le quotidien de chaque maman. Cet article n’est pas dédié au choix du tire-lait mais en ce qui me concerne, j’ai choisi le fameux Symphony à double pompage de chez Medela. Un peu imposant, un peu lourd, mais vraiment efficace ! J’ai préféré faire une concession sur le côté nomade pour m’assurer un tirage efficace étant donné que j’ai beaucoup de mal à tirer. Le tire-lait Symphony de Medela est doux et adapte seul l’aspiration. Une fois en place, je peux me détendre sans me préoccuper du tire-lait. Bref, je ne regrette pas mon choix.

Je l’ai commandé sur le site Suckle après une mauvaise expérience chez Grandir Nature qui a refusé de me le louer (selon eux, seules les mamans de prématurés ou ayant des difficultés avec leur allaitement y ont droit). Il n’y a pas de dépassement et tout est pris en charge par la sécurité sociale. Le tire-lait choisi est envoyé à domicile en 24h et chaque mois, vous recevez la fiche de soin à envoyer à l’assurance maladie pour le remboursement.

Pour moi, il est impossible de faire autrement qu’avec un tire-lait lorsqu’on souhaite allaiter exclusivement son enfant tout en reprenant le travail. On m’a souvent dit que le tire-lait n’était qu’une option et que le tirage manuel (autrement dit à la main) suffisait amplement. Pour ma part, tirer à la main est vraiment difficile : je me fais mal et je ne récupère trois fois rien. Le tire-lait m’apporte confort et m’assure une quantité raisonnable de lait sans stress.

Continuer l'allatement après la reprise du travail

Faire sa petite réserve de lait maternel

Étant donné que le lait maternel s’adapte en fonction des besoins de l’enfant, je ne souhaitais pas m’y prendre trop à l’avance pour faire ma réserve afin de répondre au mieux aux besoins de ma fille. Je pense que c’était une erreur puisque j’ai dû m’acharner comme une malade pour pouvoir assurer la première semaine et me constituer un petit stock raisonnable. Effectivement, je ne me rendais pas compte à quel point tirer son lait était difficile, et que la quantité était variable en fonction de la fatigue, du stress et du changement.

Si j’ai un petit conseil à vous donner, c’est de commencer vos réserves au moins un mois avant la reprise en instaurant une tétée fictive à l’heure où bébé ne vous réclame pas et où vous pourrez être chez vous pour tirer votre lait (exemple : juste avant d’aller dormir ou le matin au réveil avant que bébé ne se lève). Cela vous enlèvera pas mal de stress pour les premiers jours de reprise qui ne sont pas toujours évidents.

Habituer bébé au nouveau contenant

Quelque soit le contenant que vous avez choisi (cuillère, biberon, tasse 360), je pense qu’il préférable de le proposer avant la reprise pour éviter toute surprise, de préférence avec Papa qui ne sent pas le lait maternel à plein nez 😀 ! Pour l’exemple, le premier jour d’adaptation, ma fille a refusé de boire avec le biberon de la nounou, un vrai échec ! Cela commençait à m’inquiéter un peu jusqu’à ce que nous essayons avec les biberons de sa sœur, ce qui s’est révélé être un succès.

La conservation du lait maternel

Quels contenants choisir ?

Il existe plusieurs contents pour conserver votre lait, dont les plus classiques sont :

  • les pots en verre
  • les pots en plastique
  • sachet special lait maternel

Pour ma part, j’ai choisi d’utiliser les pots en plastique Avent pour le tirage en journée et les sachets de conservation Lansinoh pour le tirage à la maison destiné à la congélation. Cela me permet de limiter mes déchets (et mes achats!!) tout en optimisant la place dans mon congélateur.

Les petits pots Avent que j’utilise sont pratiques et légers, ce qui est non négligeable étant donné que je suis bien chargée le matin avec mes deux minis ! Je n’ai pas peur de les casser pendant le voyage. En revanche, je commence à avoir un peu de mal à bien les fermer. Je pense qu’ils commencent à se déformer étant donné que je les ai depuis la diversification de ma grande.

Les durées de conservation du lait

Tout le monde n’est pas d’accord en ce qui concerne les durées de conservation du lait. En ce qui me concerne, je me base sur les données communiquée par la Leche League, à savoir :

  • à température ambiante (19° à 22° C) : jusqu’à 10 heures
  • au réfrigérateur (0° à 4° C) : de 5 jours à 8 jours
  • au congélateur :
    dans le freezer d’un réfrigérateur : 2 semaines
    dans le compartiment congélateur d’un réfrigérateur-congélateur : 3 à 4 mois
    dans un congélateur séparé à –18°C : plus de 6 mois

Pour connaitre les durées de conservation communiquées par les autres organismes, vous pouvez vous référer à ce tableau.

Transporter le lait maternel

Il est important de transporter son lait maternel dans une petite glacière, et idéalement avec un pain de glace. J’ai une toute petite glacière que j’ai récupéré dans un sac à langer de ma maman, mais quelques marques ont commercialisé des glacières spéciales allaitement. Cependant, je pense qu’il vaut mieux se diriger vers les glacières classiques qui sont moins chères et tout aussi bien.

Quelles quantités faut-il pour la nounou ?

Je trouve que ce n’est pas évident de savoir combien de ml il faut donner à la nounou par jour quand on a allaité à la demande jusque là.

Pour commencer, je vous conseille de constituer un petit stock de lait congelé pour la nounou afin qu’elle puisse piocher dedans lorsqu’elle en a plus assez, ce qui est très rassurant lors des pics de croissance ou dans le cas où il y ait un accident logistique (sachet percé, lait périmé…)

Pour limiter les gâchis, vous pouvez faire des petits sachets de 30 ou 60ml à la nounou afin qu’elle puisse compléter lorsque bébé n’a pas assez mangé. Cela évite de décongeler un biberon de 180ml et d’en jeter les 3/4 !

Combien de fois faut- il tirer son lait ?

À cette question, je répondrai : tout dépend de votre production ! Pour ma part, je n’arrive pas à assurer la journée du lendemain en tirant seulement au travail dans la journée. Je tire donc également le matin au réveil (quand ma fille n’a pas mangé toute la nuit) et avant de me coucher.

Je n’ai pas toujours envie de le faire, mais je dois m’y tenir si je souhaite garder un allaitement exclusif.

D’autres mamans auront une production plus généreuse et ne seront pas obligées de tirer autant, alors ne prenez pas peur en lisant mon témoignage ! De toute manière, ce n’est que temporaire puisqu’après un certain âge, l’enfant pourra manger des yaourts chez la nounou au lieu de prendre un biberon de lait maternel avant de reprendre un allaitement à la demande les jours de repos.

Sur ce, je vous souhaite de bons moments lactés et surtout, écoutez-vous et ne laissez pas les autres vous convaincre d’arrêter l’allaitement si ce n’est pas votre souhait. Si vous vous en sentez capables, vous pouvez tout à fait nourrir convenablement votre enfant avec un lait maternel riche, même en ayant repris le travail.

Vivi

Grande rêveuse et Maman de deux petites filles, j'aime imaginer un monde meilleur pour demain.

8 réflexions sur « Allaitement et reprise du travail : mon organisation »

  1. Merci pour ce bel article. Pour avoir tiré mon lait pdt 6 mois (allaitement raté), ce tire-lait me rappelle bien des souvenirs. J’ai tiré mon lait un mois/1 mois et demi au boulot, dans le secret (coucou tabou!) et dans le stress et la fatigue. Ça m’a épuisée (maid ce n’était pas la seule raison). C’est une grande logistique et tout un boulot! Pour le local, je n’y avais pas droit, nous étions 98…j’ai tiré dans les toilettes, avec un grand sentiment de stress, d’inconfort et de « honte ». Par contre juste un détail, dans ton article tu parles d’allaitement exclusif, mais cette pratique peut aussi permettre de donner le maximum de son lait à bebe (en étant en allaitement mixte — ça a été mon cas). Il faut déculpabiliser les mamans: la reprise du travail est deja stressante, le tire-allaitement en rajoute une couche! Ne pas s’acharner « inutilement » si la fatigue prend le pas — c’est le seul conseil que je peux donner apres mon expérience difficile. Mais j’ai été contente de le faire!!!

    1. Je comprends tout à fait ce que tu dis à propos de la honte. L’allaitement était pour moi tabou, limite j’avais l’impression qu’il fallait que je me cache. J’ai eu beaucoup de mal à demander une salle à mon employeur (bien que nous soyons que 20). Heureusement, tout le monde a été très compréhensif même si ma boîte est composée à 90% d’hommes.
      Ca devait être très dur pour toi d’aller tirer ton lait dans de telles conditions…
      Dans mon article je ne parle que d’allaitement exclusif car c’est mon expérience mais c’est vrai que nous ne sommes pas obligés de faire tout à l’extrême ! Comme tu dis, tire allaiter tout en travaillant c’est très difficile

    2. Oui en effet les conditions du tirage et mon sentiment de honte (et de devoir me cacher et mentir) a ajouté du stress supplémentaire. En tout cas je te souhaite donc du courage et du « succès » dans cette démarche (et ce rythme) que je sais compliqué !

  2. Merci beaucoup pour cet article, je trouve le partage d’expérience tellement important (surtout quand il n’est pas donneur de lecon) alors merci 🙂 j’admire tes efforts !! Il y a quelques semaines je me posais la question de savoir si j’allais tirer mon lait à la reprise du travail.
    J’ai pesé le pour et le contre et j’ai finallement décidé de conserver la tétée du matin et du soir et à la demande le wk et les vacances 🙂
    j’aurai allaité de façon exclusive mon Babyboy durant 5mois et j’en suis déjà très fière maintenant en journée je laisserai la main au papa via les biberons et le lait en poudre 🙂
    Je t envoie plein d’énergie de force et de courage pour la suite de ton aventure lactée !!
    Noeudparisien

  3. Merci pour cet article, il est génial !
    Etant enceinte, j’aimerais allaiter mais je me pose beaucoup de questions… dont la question de la reprise du travail… Ton article me rassure, c’est faisable, c’est possible d’allaiter malgré la reprise du travail. Tu travailles sur 35 heures ? 39 heures ?
    Malgré tout, je ne souhaite pas donner autre chose que mon lait. C’est ce que je pense être le meilleur pour l’enfant 🙂

    1. En effet c’est possible, mais tellement épuisant ! En tout cas je souhaite d’y arriver 🙂 je travaille sur 35 heures ! Si cela t’intéresse je prévois un live sur Instagram à ce sujet. Je te souhaite une belle grossesse !

  4. Un grand merci à Vivi pour ce partage très riche en conseils pour les mamans allaitantes.
    Moi perso, ces conseils me sont d’une importance. J’ai accouché il y a 2 mois et je tire mon lait pour mon bébé même si ça ne lui suffit pas.
    Coucou à toutes

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