J’ai réussi mon allaitement après un premier échec


Cela fait deux mois que j’allaite et j’avais vraiment hâte de vous raconter comment je vis les choses. C’est maintenant chose faite puisque je viens tout juste de terminer ce billet.

Il y a quelques mois, je ne pensais pas tenir de tels propos mais allaiter, c’est vraiment magique. Malgré l’échec de mon premier allaitement, j’ai souhaité me donner une seconde chance et vous, vous qui me lisez, vous avez été tout simplement géniaux. Vous avez été le soutien que je n’ai pas su trouver auprès du corps médical, vous m’avez donné des conseils qui m’ont bien aidée, vous m’avez partagé vos expériences qui m’ont réconfortées. Je voulais donc vous remercier à travers cet article en vous racontant les débuts de mon allaitement. Merci !

Accepter son échec, et se laisser une seconde chance

Mon premier allaitement avait fait l’objet d’un article il y a quelques mois où je vous livrais mes ressentis. Je pensais que l’allaitement était si naturel, si facile à mettre en place, que j’ai été déçue de découvrir que ce n’était pas le cas après une grossesse fatigante. D’ailleurs, c’est pour ces raisons que j’ai refusé de me renseigner à propos de l’allaitement pendant ma première grossesse : pourquoi apprendre à allaiter étant donné qu’il n’y a rien de plus naturel ? C’est bête, mais ma naïveté m’a fait croire qu’il suffisait juste de donner le sein, et c’était tout. Ce n’est pas faux en soi, mais je pense que de nos jours, il est important de se renseigner sur le déroulement d’un allaitement afin de le réussir au mieux.

Ma mère nous a allaité (moi, ma soeur et mon petit frère) pendant les premiers mois de notre vie, et c’est donc tout naturellement que j’ai souhaité faire de même pour mes enfants. Dans mon esprit, allaiter mes enfants était essentiel pour me sentir pleinement mère, et pleinement femme. Abandonner l’allaitement au bout de 11 jours a donc été vécu comme un échec, même si avec du recul je pense que c’était ce qu’il y avait de mieux pour moi, pour ma fille, pour le papa tellement j’étais épuisée.

Pendant ma deuxième grossesse, je me suis dit que j’allais me donner une seconde chance. Étant donné que chaque grossesse est différente, pourquoi ce ne serait pas le cas pour l’allaitement ? J’ai donc décidé de me renseigner sur l’allaitement pour mettre toutes les chances de mon coté. On m’a conseillé le livre de La Leche League que j’ai trouvé vraiment génial. Il aborde l’allaitement, mais aussi le maternage, et ce, toujours accompagné de témoignages et de retours d’expérience. C’est un ouvrage que je vous recommande vraiment, pour vous préparer et vous accompagner durant l’allaitement. Il m’a permis de déculpabiliser sur un grand nombre de choses, et m’a fait prendre conscience de « mes échecs ».

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Avant de débuter cet allaitement, je suis restée sereine. J’ai arrêtée de culpabiliser, de me poser trop de questions, de me prendre la tête. Je ne voulais pas me mettre la pression, ni d’objectif. J’ai souhaité me laisser une seconde chance, même si j’étais amenée à arrêter prématurément. D’ailleurs, je pense que cet état d’esprit m’a beaucoup aidée.

Les premiers jours, les plus difficiles mais les plus importants

Lorsque ma fille est née, elle a très rapidement éprouvé le besoin de téter. J’étais même déstabilisée car elle souhaitait constamment être au sein, ce qui ne m’était pas arrivée avec ma grande. Elle a passé sa première journée de vie tout contre moi. Dès les signes d’éveil, je lui proposais le sein sans attendre qu’elle pleure. Cela nous a permis de mieux se connaitre et d’apprendre toutes les deux comment faire sans stress ni pression. Je notais les tétées dans le calendrier de la maternité, mais je dois vous avouer que je ne l’aurais pas fait si cela n’avait pas été obligatoire. J’étais sereine, et pleinement confiante.

J’ai tout de suite vu la différence avec mon premier allaitement. Je n’avais pas besoin de la stimuler pour qu’elle mange, ni besoin de la réveiller. Je faisais simplement un allaitement à la demande car ma mini s’y prêtait bien. Étrangement, je n’ai éprouvé aucune douleur au niveau des seins durant cette première journée. La mise au sein était encore un peu compliqué, mais elle tétait bien. Je le savais car je ressentais les tranchées, les fameuses qui ont contribué à l’arrêt de mon premier allaitement. Cette fois-ci, je ne me suis pas inquiétée même si elles ont été plus douloureuses. Je savais que cela n’allait pas être agréable mais c’était seulement l’histoire de quelques jours.

Jusque là, tout allait bien. Mais notre première nuit a été catastrophique, du moins, pour moi. Toutes les 30 minutes, la mini réclamait le sein. Je ne comprenais pas pourquoi, et je vous avoue qu’avec la fatigue de la journée, je n’avais plus vraiment les idées claires. J’ai appelé l’infirmière, car je pensais que ma fille avait mal quelque part, je commençais à culpabiliser. Grosse erreur de ma part, je sais maintenant que je n’aurais pas dû l’appeler.

Le papa était avec moi, je souhaitais qu’il passe les nuits à mes cotés afin de m’aider et de me soutenir, comme nous l’avions fait la première fois. Lorsque l’infirmière est arrivée, elle nous a directement dit qu’il devait partir, qu’il ne pouvait pas rester la nuit en chambre double. Comment vous dire qu’avec les hormones je me suis mise à pleurer de toutes les larmes de mon corps. Non seulement, j’étais pleines de doutes, mais en plus, on allait me retirer mon seul soutien. Le papa n’a pas eu d’autre choix que de partir ; j’ai dû me ressaisir et prendre du moi.

Cette même infirmière m’a ensuite dit que si elle réclamait souvent le sein, c’était que mon colostrum n’était pas assez nourrissant et qu’il était peut-être préférable de donner un complément. Cette phrase m’a fait bondir. Comment tenir de tels propos à une mère qui souhaite plus que tout réussir son allaitement ? Il n’y a rien de pire que de donner un complément pour retarder la montée de lait. Plus un bébé tête, plus il y aura de lait. C’est pourtant simple comme règle ! Je lui ai dit qu’il était hors de question de lui donner un biberon si tôt. J’ai séché mes larmes, j’ai mis ma fatigue de coté et j’ai passé la nuit avec ma fille au sein pour que la montée de lait se fasse.

À partir de ce moment là, les douleurs ont commencé à se faire ressentir : mamelons sensibles, début de crevasse… Je serrais les dents à chaque mise au sein et je mettais beaucoup de crème après chaque tétée. Les coquillages d’allaitement m’ont également beaucoup aidée car la sensation de frais juste après les tétées était apaisante. Ce n’était pas évident mais je savais que ces douleurs n’allaient pas durer éternellement et que c’était seulement l’histoire de quelques jours.

Le premier pic de croissance

Après deux semaines d’allaitement, nous commencions à avoir un petit rythme. Les douleurs disparaissaient, les tranchées n’étaient plus d’actualité et les tétées s’espaçaient et se régulaient. « Mais ça, c’était avant » que le pic de croissance arrive à l’aube des trois semaines de vie.

Le pic de croissance, c’est tout simplement la période où bébé tète tout le temps pendant 2 ou 3 jours, presque sans s’arrêter. J’avais ma fille au sein toutes les 30 minutes, car elle le réclamait. J’ai pris mon mal en patience, je me suis allongée avec elle et j’ai attendu.

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Il paraitrait que de nombreuses femmes arrêteraient l’allaitement à cause de ces pics de croissance, pensant qu’elles n’ont plus assez de lait. Ces périodes sont tout à fait normales dans un allaitement et sont généralement observées autour des 3, 6 semaines et 3 mois, juste avant un grand changement.

Quand l’allaitement se met en place

Après ce premier pic de croissance, j’ai enfin pu découvrir les joies de l’allaitement, celles que j’attendais impatiemment, celles dont on m’avait beaucoup parlées. Je n’avais plus aucune douleur lors de la mise au sein. Les tétées ont commencé à être rythmées dans la journée. Je ne me sentais plus esclave des tétées.

La prise de poids s’est faite sans aucun soucis, elle tétait efficacement et rapidement. Je n’ai pas eu de stress à ce niveau là et aucune pression comparé à ma grande qui est toujours resté un petit gabarit.

Je suis maintenant plus à l’aise lors de la mise au sein. J’arrive à allaiter discrètement et rapidement, sans stress, contrairement aux premières semaines où l’habitude n’était pas encore là. Parfois je m’habille simplement avec un débardeur et un pull, parfois je m’habille avec des tenues d’allaitement qui sont nettement plus pratiques et confortables.

Nous avons été loué un tire-lait en pharmacie afin de me soulager lorsque la mini dort un peu trop longtemps, ou lorsque je dois m’absenter pour un rendez-vous. Ce n’est pas une partie de plaisir, et j’ai vraiment l’impression d’être une vache à lait, mais je dois avouer que c’est quand même bien pratique. Je voulais m’entrainer avant de reprendre le travail afin de voir si j’arrivais à tirer une bonne quantité. Je ne sais pas si je continuerai l’allaitement une fois mon congé terminé, mais c’est une option que j’envisage fortement. Pourquoi arrêter en si bon chemin ?

Ce que j’aime avec l’allaitement

J’ai entendu beaucoup de maman me dire qu’elles ne souhaitaient pas allaiter leur petit deuxième car elles ne voulaient pas mettre leur ainée de coté. J’attendais donc de voir ce que cela allait donner dans ma situation, et je dois avouer que c’est tout le contraire. Je ne sais pas comment j’aurais fait pour m’occuper de mes deux filles sans l’allaitement. Lorsque j’allaite sur le canapé, je peux lire une histoire à ma grande. Lorsque c’est l’heure du repas de la grande, je mets la mini dans l’écharpe et je donne à manger au deux. J’arrive toujours à avoir une main de libre en allaitant, alors qu’avec un biberon, cela n’aurait pas été possible.

Chaque tétée est un instant privilégié que je partage avec ma fille. Je la sens tout contre moi, et je suis la seule à pouvoir le faire pendant ces moments là. C’est une chance que j’ai et j’essaie d’en profiter au maximum.

Le lait est prêt n’importe où et n’importe quand. Je ne me prends pas la tête à emmener toute la biberonnerie lorsque je sors, et je n’ai pas peur d’oublier quelque chose, si ce n’est peut-être un lange. Pour avoir nourri ma grande au biberon dès ses premiers jours, je peux vous dire que ça me change la vie !

L’allaitement nous aide à soulager les petites coliques qui se réveillent en soirée. La mettre au sein est une possibilité supplémentaire pour la soulager pendant les crises. Je m’allonge avec elle sur le canapé, et généralement, elle finit par s’endormir. Je pense que je ne me lasserai jamais de voir son visage si apaisé grâce au lait maternel.

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Blouse d’allaitement rayée en maille de coton biologique – Milker*

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Même si je ne regrette plus d’avoir donné du lait en poudre à ma grande dès ses premières semaines, je suis heureuse de pouvoir enfin allaiter ma mini. En allaitant, je sais que je donne le meilleur à ma fille, et c’est ce qui me motive à continuer.


(*) Produit reçu pour test

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13 commentaires sur “J’ai réussi mon allaitement après un premier échec”

  1. J’adore. J’ai eu du mal avec le premier allaitement même si j’ai tenu 3 mois. 1 mois en exclusif et après en mixte car mon corps le lâchait, mes nerfs aussi. Mais comme toi je n’étais pas assez bien renseignée donc on verra pour le second d’ici quelques années.
    Je te souhaite un bel allaitement.❤️

    1. C’est vraiment ce que je te souhaite ! Au final, bien être bien renseignée, c’est important, surtout quand on sait que le corps médical n’est pas bien formé sur l’allaitement.
      Merci <3

  2. J’espère avoir la même expérience avce mon deuxième prochainement merci de partager ce petit récit qui donne espoir d’un bien et d’apprécier le faire. Concernant les coquillages pourrais-tu en parler plus en détails prochainement?tu les utilise toujours?as tu eu besoin quand même de coussinets traditionnels?bisous

    1. Je te le souhaite ! 🙂
      Alors, je comptais écrire un article sur ces coquillages dans les prochains jours mais je peux te donner mon avis brièvement en commentaire.
      Je ne les utilise plus, et je ne mets plus de crème car je n’ai plus mal. Ils m’ont beaucoup aidée les premières semaines car cela m’apaisait grâce à la sensation de frais. Je ne les laissais que 30 minutes car avec la montée de lait, tu peux avoir un effet ventouse assez désagréable. En revanche, cela ne remplace pas du tout les coussinets d’allaitement. C’est vraiment quelque chose en plus.
      Les coussinets d’allaitement sont vraiment indispensables ici, je les utilise toujours. J’en ai pris des lavables afin que cela soit plus économique.
      J’espère que mon retour te sera utile !

  3. Super témoignage!! Ton article est magnifique… il m’a donné les larmes aux yeux….. Jallaite aussi mon fils depuis 5 mois maintenant… et tout comme toi je ne me vois plus arrêter!! C’est tellement magique! Gros bisoux à toi et tes 2 mois!

  4. Félicitations pour cet allaitement réussit! Il est vrai que l’expérience devient agréable après plusieurs semaines seulement, le temps que tout se mette en place… mais quel bonheur ensuite !
    Tu as eu raison de te renseigner, moi je me suis sentie plus forte avec des connaissances face aux professionnels de santé parfois bien peu encourageants !
    Maintenant je tire mon lait au travail et c’est une autre expérience…
    Belle aventure lactée à vous 😉

  5. Félicitations pour cet allaitement réussit! Il est vrai que l’expérience devient agréable après plusieurs semaines seulement, le temps que tout se mette en place… mais quel bonheur ensuite !9
    Tu as eu raison de te renseigner, moi je me suis sentie plus forte avec des connaissances face aux professionnels de santé parfois bien peu encourageants !
    Maintenant je tire mon lait au travail et c’est une autre expérience…
    Belle aventure lactée à vous 😉

  6. C’ets un très beau témoignage. Souvent après un premier échec on laisse tomber ou on ne veut plus recommencer mais tu prouves bien que l’on peut y arriver.
    Et souvent quand don est pas bien accompagné on abandonne dès le premiers jours pendant le moment où c’est le plus difficile. Personnellement je n’ai pas allaité mais dans mon entourage j’ai vu de nombreux échec concernant l’allaitement, par manque d’informations ou d’accompagnement !

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