Faut-il suivre tous les principes de l’éducation bienveillante ?


C’est la question que je me suis déjà posée avec le papa et que je me pose encore aujourd’hui avec tous ces débats autour du Père Noël. Faut-il vraiment suivre tous les principes de l’éducation bienveillante telle une religion ? Pour moi, la réponse est non. Tout simplement parce que je pense qu’éduquer ses enfants ne s’apprend pas dans les livres, ni en lisant des blogs. C’est au quotidien que l’on apprend à devenir parent. C’est en fonction de ses valeurs, de ses principes et de sa personnalité que l’ on compose. Du moins, c’est comme cela que je fais.

Bien que j’ai une forte attirance pour l’éducation bienveillante, j’avoue ne pas tout suivre à la lettre, tout simplement parce que je ne suis pas d’accord avec tout. Je lis beaucoup, je me pose des questions, je prends ce qu’il y a à prendre, et je fais à ma sauce. Et si au final, c’était ça la bonne méthode pour éduquer ses enfants ?

Je ne suis pas forcément pour l’uniformisation, j’aime la diversité et je trouve que c’est ce qui fait notre richesse. Avoir une éducation différente, c’est aussi être différent. Et c’est grace à cette différence que l’on avance puisque cela nous permet d’aborder différents points de vue autour d’un même sujet. Je suis une personne plutôt têtue, même très têtue, mais pour autant, j’ai une ouverture d’esprit sur le monde et sur les personnes. Même si je sais ce que je veux pour moi et ma famille, j’aime écouter et comprendre ceux qui pensent différemment que ce soit au niveau de la parentalité, du style de vie, des ambitions, des traditions, des cultures… Pour être bienveillant avec son enfant, il faut avant tout être bienveillant avec soi-même mais aussi avec les autres, non ?

Ce que je ne partage pas avec l’éducation bienveillante

Je voulais parler du Père Noël en premier étant donné que c’est lui qui a été à l’origine de cet article. J’ai fait le choix de laisser ma fille croire au Père Noël. Si l’on suivait l’éducation bienveillante, il faudrait dire d’emblée aux enfants qu’il n’existe pas, que c’est simplement un personnage commercial acheté par Coca-Cola, afin de ne pas leur mentir et de préserver leur confiance. Je conçois tout à fait ce point de vue, et il est très respectable. Je pense que ce choix se fait en fonction de ce que l’on a vécu plus petit, si cela a été un traumatisme ou non. Mais ici, nous avons fait le choix de la laisser croire au Père Noël car c’est une période de notre vie dont nous sommes nostalgiques et nous pensons que nous n’avons pas le droit de lui priver de cette magie sachant que nous l’avons vécue. Est-ce que cela fait de nous de mauvais parents ? Est-ce que notre fille, enfin nos filles, nous en voudront plus tard ? Peut-être que nous fonçons droit dans le mur, mais nous faisons ce que nous pensons être le mieux pour elles.

Sur les réseaux sociaux, je parle souvent des livres que j’aime acheter pour ma grande : ceux qui mettent en scène des personnes, et non des animaux, dans des situations du quotidien. En effet, je ne suis pas particulièrement fan des histoires ou un petit cochon apprend à faire pipi dans le pot car je pense que cela peut prêter à confusion. Pour autant, elle a plein de livres avec des animaux qu’elle a reçu en cadeau et je la laisse les lire. Pourquoi ? Car je préfère qu’on les lise ensemble et que je sois là pour lui expliquer plutôt qu’elle les lise seule et qu’elle ne comprenne pas le sens de l’histoire. Je ne pourrai jamais la protéger entièrement du monde extérieur, ni de ce qu’elle fera chez la nounou, ou encore à l’école. Et je préfère l’accompagner dans ses découvertes plutôt que de la surprotéger.

Pas de télé avant trois ans. Oui sur le papier c’est très bien, mais ce n’est pas toujours réalisable. J’étais anti-télé, jusqu’à l’arrivée de la petite deuxième. Alors oui, je choisis les programmes, je ne la laisse jamais plus de 30 minutes devant, et la plupart du temps je la regarde avec elle. Mais voilà, je lui autorise son dessin animé préféré, à savoir Peppa Pig (qui est donc à l’opposé de ce que j’aime), mais cela me laisse 30 minutes par jour où je peux manger, prendre une douche et donner le sein à sa soeur sans frustration de son coté. Oui, j’ai cédé à la simplicité pour le coup, mais je ne pense pas que ce soit terrible dans le sens où je choisis des programmes sans publicité, sans violence et quand même adapté à son âge… Au final, est-ce mieux d’accorder à son enfant quelques minutes de son dessin animé préféré ou de la laisser pleurer car il faut bien répondre à ses propres besoin et à ceux de la petite dernière ? Pas facile comme question !

Même si je m’étonne moi-même devant la patience et le sang-froid que j’ai dans certaines situations, il y a des moments où je craque, où je n’ai pas envie, où la bienveillance n’est pas toujours au rendez-vous. Ça m’arrive de parler un peu fort et de ne pas toujours donner mes bras en période de crises, tout simplement parce que je n’en suis plus capable, que je suis fatiguée et que mon quota de tolérance a été atteint. Et si au final ce n’était pas une si mauvaise chose de voir que l’adulte, lui aussi, a des émotions ? Lui aussi parfois, il craque ? Et si le contrôle permanent de soi-même dans l’éducation bienveillante n’était pas une si bonne chose ? Peut-être que je me pose ces questions pour me déculpabiliser lorsque je n’arrive plus à gérer certaines situations, mais au fond, je me dis que je suis humaine et qu’un humain ne peut pas tout le temps être sous contrôle, c’est socialement correct mais contre nature.

Et si tout était une question de concessions ?

Pourquoi faire tout blanc ou tout noir lorsque l’on peut faire gris ? Faut-il vraiment suivre au pied de la lettre ce qu’on peut nous dire sur la manière d’éduquer nos enfants ?

En me relisant, je me dis que mon logo n’est peut-être pas assez en adéquation avec mes principes. Faudrait-il que je mettre « Petite Vivi, Maman presque naturelle et presque bienveillante » ? Par ce que oui, même si j’ai un gros penchant pour cette manière de vivre, je ne fais pas tout à 100%. D’ailleurs, qui le fait vraiment ? Qui peut le faire totalement d’ailleurs ? Et qui est réellement capable de juger de ce qui est naturel ou bienveillant ?

Ce sont un peu des questions que je pose comme ça, dans le vent. D’ailleurs, j’ai écrit cet article sur un coup de tête, pendant que j’allaitais ma petite dernière. J’avais besoin de vider mon sac. Une chose est sûre, c’est que je ne suis pas une mère parfaite, mais je fais vraiment du mieux que je peux pour éviter tout regret.

8 commentaires sur “Faut-il suivre tous les principes de l’éducation bienveillante ?”

  1. Je crois que tout est dit dans ton 1er paragraphe (le reste étant quand même intéressant!). Il n’y a pas de méthode unique, il n’y en aura jamais – à chacun d’adapter à ses valeurs, son caractère et celui de ses enfants, son environnement, son vécu, son passé…tellement de paramètres infliuent sur l’éducation d’un enfant que quelques soient nos croyances, on ne pourra jamais garantir à 100% le résultat souhaité. Et puis on a le droit d »évoluer, rien ne doit être écrit dans le marbre, et c’est précidémment ce que je reproche dans la mouvance bienveillante, qui souvent se fie trop aux livres et écrits, et finit par devenir bien peu bienveillante envers les autres styles d’éducation. Je crois que le principal, quelque soit sa méthode, est de faire au mieux, et avec amour. Aucun regrets alors…

  2. Il n’y a aucune méthode magique pour élever les enfants, et meme au sein d’une meme fratrie il faut être capable de beaucoup de flexion pour élever ses enfants. Je crois que de la bienveillance il faut garder ce qui nous anime. Je ne suis pas adepte d’une metdode plus qu’une autre meme si je suis jusqu’au bout des ongles une maman bienveillante. Tant qu’il y a de l’amour tout roule

  3. C’est plutôt sain de ne pas suivre un modèle à la lettre je trouve. Je suis aussi pour l’éducation bienveillante mais je ne connais pas tous ses préceptes, on va dire que je me contente des grandes lignes et que le reste je fais en fonction de mon instinct et de celui du papa mais aussi comme tu le dit, de nos limites. Et puis je trouve que l’éducation bienveillante est beaucoup trop sujette à débat. Entre ceux qui la rejette en blog et ceux qui l’applique à la lettre. Cette éducation n’était pas aussi populaire du temps de nos parents et ont n’est pas devenu des monstres pour autant. L’essentiel est d’être éduqué dans l’amour

  4. Personnellement j’en prend et j’en jette de la « bienveillance » parce que c’est un terme un peu barbare. Qu’est ce qui est bienveillant à partir du moment où chacun à sa propre définition? Chester adore les dessins animés et malgré les dire il progresse énormément en répétant tous les mots de ses héros préférés, héros qui sont eux même des animaux et des voitures puisque c’est Cars de Disney et le dessin Dany le tigre qui est absolument génial et que je te conseille vraiment parce qu’il apprend énormément de choses et qui en plus concerne plusieurs âge puisqu’en plus il apprend des valeurs comme la compassion, les différences etc. (ou même à aller aux toilettes). T’es une maman vraiment géniale et peu importe l’éducation que t’as envie de lui donner parce que tu leur apprend toutes les valeurs dont elles ont besoin et avec tout l’amour qui existe. Des bisous

  5. Qu’est ce que la bienveillance finalement autre qu’un synonyme de tolérance? Pour moi c’est mon seul moteur, tolérance, amour, respect et bon sens. Le reste (y compris les querelles de clocher idéologiques) est futile, puérile et inutile, à part pour l’égo !

  6. Je suis tellement d’accord avec toi .
    Il y a énormément de chose dont je ne suis pas non plus d’accord . Notamment avec la méthode Montessori qui manque de nous rappeler de temps en temps qu’elle ne s’adapte pas à tous les enfants . Ma maman étant institutrice de petite et moyenne section de maternelle depuis 15 ans, en est le parfait exemple . Elle a toujours mis au centre de son éducation (à l’école) la méthode montessori, mais pas que . Elle propose aussi d’autres alternatives , avec d’autres méthodes qui sont tout aussi intéressantes .
    La télé, je suis bien d’accord avec toi aussi , ici c’est petit ours brun, ça dure 15 min et ça permet à mon conjoint de faire à manger et moi de me laver (ou inversement) . Pour ce qui est du Père Noël , j’avais lu un article qui m’avait fait changer d’avis et puis j’en ai parlé avec le chéri qui m’a immédiatement répondu qu’il n’était pas du tout d’accord . Qu’il voulait que nos enfants connaissent la magie de Noël , chose qu’il n’a pas connu parce qu’on lui a toujours dit qu’il n’existait pas . Et d’ailleurs dans sa famille , tous les enfants savent que ça n’existent pas … c’est bien dommage (et compliqué quand on est avec eux à Noël) !
    Il m’arrive aussi de craquer . Et c’est souvent dans ces moments là que je délègue au papa parce que je manque de patience et je ne rends service à personne (ni à mon fils, ni à moi). Quand aux livres raconté par des animaux, je suis mitigée . Il y en a que j’aime par dessus tout (comme la collection Tom) qui sont d’une douceur insoupçonnée quant aux évènements qu’ils abordent (comme la mort d’un parent proche)..

    Gros bisous ma belle ❤

  7. Tu sais que je te rejoins sur ça, je pense qu’il n’y a pas une seule méthode. Il est intéressant de s’informer et d’essayer d’appliquer la bienveillance mais il y a tout un monde entre la théorie et la réalité. Chacun adapte en fonction de ses croyances, de son vécu ou de ses moyens. Tant que tout est fait avec amour et dans le respect c’est ça l’essence même de la bienveillance au fond !

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